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  8/10/2010
  La réforme de l'indexation des fermages: comment ça marche ?


L'actualisation annuelle du prix des fermages est désormais fonction d'un indice national. Explication avec le service juridique de la FDSEA du Tarn.

Foncier, la réforme de l'indexation des fermages

Avant parution de la loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche (LMAP) du 27 juillet dernier, l'évaluation du prix des fermages pour le loyer des terres nues et des bâtiments d'exploitation résultait de choix départementaux portant sur une combinaison de revenus moyens agricoles nationaux, départementaux et des Otex (orientations technico-économiques des exploitations). Désormais, il a été retenu que les prix des fermages soient fixés annuellement sur une indexation unique applicable au niveau national, reposant sur deux éléments : une composante " évolution du revenu (RBEA par hectare) " et une composante " évolution du niveau général des prix ". Le nouvel indice repose sur une moyenne pondérée de deux indices :

-  pour 60 %, de l'indice d'évolution du revenu brut d'entreprise agricole (RBEA) à l'hectare, constaté sur le plan national au cours des cinq années précédentes ;

- et, pour 40 % sur l'évolution du niveau général des prix, mesurée par l'indice du prix du produit intérieur brut (PIB) de l'année précédente.

Ce choix a pour conséquence de supprimer toute référence à des indices départementaux. Il présente les avantages de la clarté pour les usagers et l'administration et évite les disparités régionales. Cette réforme ne concerne que les modalités de l'indexation des fermages (terres nues et bâtiments d'exploitation). Elle n'a pas d'incidence sur la fixation du montant du loyer lors de la conclusion du bail, qui résulte de l'accord entre bailleur et preneur à l'intérieur du barème préfectoral déterminant les minima et maxima des valeurs locatives. Les parties contractantes gardent la possibilité de réviser l'évaluation du prix du bail lors du renouvellement de celui-ci.

L'indice devenu national, il s'applique à tout le territoire. Il n'y a donc plus nécessité de publier un arrêté préfectoral pour le Tarn. L'indice national des fermages et sa variation annuelle seront constatés chaque année avant le premier octobre par arrêté du ministre chargé de l'agriculture.

La première année d'application de ce système étant 2010, l'indice sera exprimé en base 100 en 2009. Le système est donc remis totalement à zéro pour repartir en 2010 sur une base 2009, sans aucune référence aux indices départementaux précédents.

La commission consultative des baux ruraux 

Concernant les prix, la CCBR reste seulement compétente pour la négociation de la fourchette des minima maxima qui demeure départementale. Par ailleurs, concernant les cultures permanentes spécialisées (notamment arboriculture mais surtout viticulture pour le Tarn) le choix reste donné au département soit d'un calcul sur la base de l'indice national des fermages soit, par dérogation, en prix des denrées pour l'évaluation des loyers.

Le nouvel indice des fermages : –1,63 %

Le nouvel indice des fermages, fixé par arrêté ministériel en date du 27 septembre 2010, est de 98,37. Il correspond donc à une variation de -1,63% par rapport à l'indice fixé en 2009 (base 100).

Exemple de calcul de réactualisation du loyer annuel :

- Pour un bail portant sur 100 Ha de terres nues ayant un loyer de 10 000 € en 2009 :

10 000 – 1,63% = 9 837 € 

OU                                                    

10 000 x 98,37 / 100 = 9 837 €

Mais attention, cette méthode de calcul suppose que le loyer ait été bien calculé en 2009. Si un doute subsiste sur une correcte indexation du fermage au cours du bail, il est important que les calculs soient revus à l'occasion de ce changement de méthode.

Réaction de Laure DUPRE, Président de la Section des Fermiers à la FDSEA du Tarn

Depuis plusieurs années, le ministère de l'Agriculture a engagé une discussion avec les organisations professionnelles agricoles en vue de réformer l'indice des fermages. S'il est apparu évident que le nouvel indice issu de cette négociation devait être national pour une meilleure lisibilité, les modalités de calcul de sa variation ont fait l'objet d'âpres tractations. La mobilisation de tous a permis que la référence aberrante au prix du foncier ne soit pas introduite et finalement c'est sur un compromis entre le revenu des agriculteurs et l'évolution du niveau général des prix que les débats se sont clos. Si elle n'est pas parfaite et qu'elle n'était pas la proposition de la Section nationale des fermiers, cette nouvelle assiette permet tout de même de conserver le lien le plus étroit possible avec notre revenu. La baisse de l'indice pour cette année est d'ailleurs le reflet de ce rapport. Et, si je peux comprendre l'amertume des bailleurs, je souhaite que ces derniers conçoivent la situation difficile de nombreux fermiers sur leurs exploitations.  Au demeurant, la LMAP a modifié d'autres aspects des baux ruraux. La section des fermiers sensibilisera donc cet hiver les fermiers à ces nouveautés introduites dans le statut du fermage et j'invite d'ores et déjà tous les agriculteurs à s'informer de ces dispositions importantes pour l'exercice de notre métier.


Auteur : F.LALANNE

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