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  22/8/2007
  Contrôles à blanc: deux exploitations testées

La Préfecture et la DDAF ont organisé deux journées de « contrôle à blanc » sur la conditionnalité dans les exploitations des Lycées de Fonlabour et Flamarens les 01 et 03 août 2007.

Journée contrôles à blanc : des échanges rassurants et constructifs qui en appellent d'autres

Le groupe au bord de l'Agoût pour vérifier les bandes enherbées (Photos A.Pousthomis)

Suite aux nombreuses réactions et inquiétudes des agriculteurs et de leurs représentants professionnels vis-à-vis des contrôles de la conditionnalité, le gouvernement a incité chaque DDAF à proposer des journées d'échanges sur ces contrôles sous forme de " contrôle à blanc ". La DDAF du Tarn a proposé ainsi deux journées pour " contrôler " les exploitations des lycées agricoles de Fonlabour (à Bellegarde) et de Flamarens.

Ces journées ont eu lieu le 1er et le 3 août et ont réuni autour du Préfet et de la DDAF, l'ensemble des corps de contrôles (AUP, SRPV, DDAF, DDSV) et conseillers et responsables professionnelles des organisations agricoles départementales. La FDSEA du Tarn très sensibilisée sur la problématique des contrôles s'est largement impliquée dans ces journées puisque 10 de ses représentants ont participé à l'une ou l'autre pour échanger avec les agents. Jean-Claude Huc a rappelé à Flamarens " tout l'intérêt de ces échanges pour connaître les modalités de préparation et de déroulement des contrôles, les points contrôlés et les risques de sanctions. Ces journées nous permettent aussi de faire toucher du doigt les problèmes concrets que rencontrent les exploitants et qui doivent être pris en compte avec compréhension par les contrôleurs ".

 Sur ce plan, M. Marret s'est voulu rassurant dans sa présentation introductive puisqu'il a rappelé la règle des 3P demandée par l'administration centrale " pragmatisme, pédagogie, progressivité doivent être les maîtres-mots des contrôleurs sur le terrain ". D'autre part, le bilan des contrôles conditionnalité de l'année 2006 font apparaître une sanction financière globale pour la ferme Tarn de 3150 € seulement, ce qui montre à la fois la responsabilité des agriculteurs et la pédagogie appliquée par l'Etat.

Sur la question de la pression des contrôles, Mr Marret a rappelé que concernant la conditionnalité " un agriculteur ne peut pas être contrôlé sur plus d'un des 4 domaines par an. D'autre part, en incluant les contrôles des aides PAC, il y a eu l'an dernier 633 agriculteurs contrôlés sur 6000 dossiers PAC. Un agriculteur est donc en moyenne contrôlé tous les 10 ans sur la PAC, même si malheureusement pour certains cas la fréquence est plus élevée ".

 

Les deux exploitations sont donc passées au crible des contrôleurs sur 3 domaines de la conditionnalité : le domaine environnement ; le domaine BCAE (Bonnes Conditions Agricoles et Environnementales, le domaine santé des végétaux (phytosanitaires). La profession est cependant restée sur sa faim concernant les domaines de la santé et du bien-être animal qui constituent les nouveautés pour 2007 et qui engendrent donc le plus d'interrogations. La préfecture et la DSV ont promis l'organisation d'une nouvelle journée fin août.

Sur l'exploitation de Flamarens, Norbert Durand et Jean-Claude Huc ont tenu en conclusion à rappeler la difficulté pour un agriculteur que l'on contrôle son exploitation et par la même la qualité de son travail " c'est évidemment une contrepartie obligatoire des aides mais c'est un facteur d'anxiété forte pour un agriculteur. C'est pourquoi nous attachons beaucoup d'importance au respect mutuel, au fait de prévenir l'agriculteur 48h avant un contrôle, à la pédagogie pendant le contrôle et à l'explication des suites qui seront données. Des journées comme aujourd'hui participent très bien à ce travail d'explication et quelque part de démystification des contrôles".

 

Domaine environnement :

Le contrôle sur le domaine " environnement " est essentiellement un contrôle documentaire. Si l'exploitation n'est ni en zone vulnérable, ni en zone Natura 2000, le contrôle est très rapide (1/4h) et n'engendre pratiquement jamais de pénalités. C'est en effet, le contrôle de la Directive Nitrates (vallée de l'Agoût dans notre département) qui est le plus fastidieux avec la vérification du plan prévisionnel de Fumure (basé sur la méthode des bilans), du cahier d'enregistrement des épandages, du respect du taux maximum d'azote organique à l'hectare (170U/ha de surface potentiellement épandable) et enfin de la conformité des installations de stockage des effluents. (durée de stockage, absence de fuites visibles, engament dans le PMPOA...).

Mr Valette, contrôleur à la DDAF reconnait " ce sont encore les enregistrements et notamment le Plan prévisionnel de fumure qui posent problème mais les améliorations sont nettes grâce au travail de la Chambre d'Agriculture ". Les autres points de contrôles (boues de stations d'épuration, protection des oiseaux, protection des eaux souterraines) posent très peu de problème : " il suffit de ne pas avoir été verbalisé dans l'année et de disposer d'un contrat pour ceux qui acceptent des boues sur leurs exploitations ". Didier Gorse a néanmoins souligné que certaines petites communes n'étaient pas encore en conformité pour la délivrance de ces contrats aux agriculteurs.

Domaine BCAE

5 mesures sont contrôlées :

- Le respect de la diversité de l'assolement : 3 cultures, ou 2 familles de cultures, ou une monoculture de prairies ou de cultures hivernale

- la mesure " bande enherbée " : mesure la plus emblématique de la conditionnalité, qui a fortement gêné les agriculteurs à sa mise en place. Mais Mr Limes de l'AUP signale que depuis 2 ans aucune pénalité n'a été liée à cette mesure dans le Tarn

- la mesure " non brûlage des résidus de culture "

- la mesure " irrigation ". L'AUP vérifie que l'agriculteur dispose d'une autorisation de prélèvement et d'un moyen de mesure des ses prélèvements.

- la mesure entretien des surfaces (cultures, gel, prairie) où l'AUP signale que les seules anomalies ont été relevées sur quelques parcelles de gel mal entretenues.

 

Zoom sur...
Les contrôles phytosanitaires

Madame Lagarrigue de la SRPV et chargée des contrôles phytosanitaires sur le département a visité les locaux phytosanitaires des deux exploitations en expliquant les points de contrôles auxquels elle était attaché. Elle a distingué ceux qui pouvaient entraîner des pénalités financières et ceux qui relevaient plus de la pédagogie :

-          le contrôle du local phytosanitaire : " ce local ou cette armoire doit être dédié à cela (pas de fuel, aliments...) fermé à clef, aéré de façon à ce que les vapeurs de produits ne soient pas gênantes. L'absence de local peut entraîner des pénalités. "

-          le contrôle des produits phytosanitaires contenus dans le local : " tous les produits du local sont vérifiés grâce à la base de donnée de mon ordinateur. Je vérifie s'il dispose d'une autorisation de Mise sur le marché encore valable pour une culture de l'exploitation. Si ce n'est pas le cas, je demande à l'agriculteur de mettre ces produits de côté et de les éliminer à la prochaine collecte ADIVALOR. J'encourage les agriculteurs à vérifier sur le site internet e-phy.agriculture.gouv.fr si leurs produits sont encore autorisés. Il ne peut y avoir sanction financière que si après analyse chimique de la culture, je retrouve des traces d'utilisation d'un produit interdit ou à un dosage trop élevé "

-          le contrôle des enregistrements " tout agriculteur doit désormais enregistrer chaque traitement phytosanitaire effectué. Il doit enregistrer la parcelle, la culture la surface traitée, le nom du produit, le dosage, la date de traitement et la date de récolte. La forme d'enregistrement est libre tant qu'elle contient toute ces données. Dans le Tarn, nous tolérons une feuille 'enregistrement unique pour toutes les parcelles qui ont la même culture et les mêmes traitements. Il n'y a sanction que s'il manque lus de 50% des données "

-          " pour information et sensibiliser les agriculteurs mais sans risque de sanction conditionnalité, je vérifie la présence de masque et de gants, la présence de panneaux d'affichage sur le local, et la façon dont les agriculteurs gèrent leurs effluents de fond de cuve. Je rappelle qu'il faut les diluer et les épandre au champ ou les récupérer sur aire bétonnée et les traiter "

 


Auteur : A. Pousthomis

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