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  12/3/2009
  La PAC compte mais l’économie prime !


Avec plus de 670 000 visiteurs, la fréquentation du salon de l'agriculture en 2009 est en hausse de 10% par rapport à l'année dernière. Un résultat plutôt surprenant. Selon Jean-Luc Poulain, président du salon depuis cette année, "nous nous attendions à moins en raison de la crise". Les exposants tarnais avaient, en tout cas, répondu présents à cette 46ème édition. Un stand institutionnel haut en couleurs et en animations a retenu l'attention de nombreux visiteurs. Juste à côté, deux stands de vente rassemblaient une grande diversité de produits locaux. Une belle vitrine des savoir-faire du département !

S'il fallait résumer les nombreuses réactions qui ont fait suite à la présentation des simulations sur les incidences du bilan de santé de la PAC sur les exploitations agricoles du Tarn, c'est Jean-Luc Poulain de la FNSEA qui serait cité. "Nous perdons beaucoup plus par le contexte économique , nos prix de vente, nos charges, que ce que nous gagnons par les aides PAC". François Constans, président de la section porcine de la FDSEA l'a fait remarquer : "Les jalousies entre niveaux de prime des différentes productions me font sourire. Le véritable enjeu est sur la valorisation des produits. Moi, si on m'assure un prix de vente à la hausse de 10 %, je me moque des primes."

Pour Claude Marques, "nous ne devons pas nous battre production contre production sous prétexte de la nouvelle décision de répartition des aides. Allons tous dans le même sens !" Il n'y a donc pas eu de bataille entre les "perdants" et les "gagnants" du bilan de santé de la PAC. C'est au contraire un "nuage" de lucidité qui planait sur l'assemblée générale de la FDSEA. "L'agriculture sera économique ou ne sera pas !" rappelait Jean-Claude Huc.

Chez les céréaliers, Bernard Delsuc alertait "on met les agriculteurs en difficultés sur la nouvelle distribution des aides PAC. Pour ma part, j'ai chiffré le manque à gagner à 10 € / T. L'an dernier, cette somme était dérisoire lorsqu'on se réfère aux prix de vente pratiqués. Mais cette année, les prix se sont écroulés. Habituellement, quand on perdait de la rémunération, on compensait par une augmentation de la productivité. Mais aujourd'hui, il y a de plus en plus de contraintes pour produire." Alain Bou, le président de la chambre d'agriculture, s'inquiétait sur la baisse des aides céréales dans le Tarn. "Ces aides auraient pu nous permettre de compenser notre handicap par rapport à d'autres zones céréalières en France."

Chez les éleveurs, le sentiment était partagé. Gilbert Vergnes, président de la FDO remerciait la FNSEA pour avoir aidé la FNO à obtenir une aide. Cette bouffée d'oxygène permettra peut-être d'arrêter l'hémorragie des arrêts d'activité ovin viande. "Pourquoi ne pas rêver à réinstaller dans cette production ?" rajoutait Marc Rolland. Côté aviculture, Frédéric Florenchie rappelait que porcs et volailles étaient les premiers débouchés des céréales. "Comment à ce jour, un éleveur de porcs est-il capable de répercuter la future augmentation du prix de son aliment de 10 € / T ?"

Et c'est bien là le nerf de la guerre ! Les prix aux producteurs n'ont pas eu de cesse de baisser alors qu'ils sont stables chez les consommateurs. La grande distribution est citée au 1er rang du banc des accusés. "Ils ont la capacité à acheter le "moins disant" sur toute la planète" rappelait Jean-Pierre Bayssette. "Nous sommes trop nombreux à mettre en marché face aux grandes centrales d'achat" indiquait Bernard Guidez. "A Quand une loi pour interdire à la grande distribution d'acheter sous le prix de revient du producteur ?" demandait Gilbert Vergnes.

"Nous avons manifesté en 2008 pour le prix du lait. Aujourd'hui, les producteurs sont insatisfaits tout comme les consommateurs. Entre les deux, les intermédiaires en disent rien eux" pestait Géraldine Biau. Réinvestir l'outil économique est probablement l'une des solutions. Se regrouper et se regrouper encore semble être la voie choisie par la coopération pour être plus efficace, plus grosse et couvrir un gros volume et donc peser sur les acheteurs.

Norbert Durand, section laitière, s'interrogeait sur le pouvoir qu'ont les producteurs au sein d'une coopérative. L'assemblée s'accordait pour reconnaître que le premier critère de réussite d'une coopérative n'est ni sa taille, ni son chiffre d'affaires mais le prix qu'elle paie à ses producteurs. Jean-Luc Poulain pourra transmettre à la FNSEA le message du Tarn "vous devez défendre les gens qui font de l'économique pour redonner des perspectives encourageantes à nos agriculteurs !"

Pierre Leroy : "l'Europe peut devenir une puissance agricole mondiale, si les agriculteurs sont encouragés !"

Arnaud Pousthomis, animateur, plante le décor : " le Tarn ne pèse pas grand-chose au niveau mondial mais tout de même :  le Tarn est le premier producteur mondial d'ail rose de Lautrec..., 2ème producteur de lait de brebis et ... grand producteur de " respounchous " !
Quel peut être l'avenir de l'agriculture dans le contexte mondial actuel? Pour Pierre Leroy, les " prophètes de malheur " ont tort ! Pour lui la thèse d'une famine mondiale n'est pas justifiée. Pourquoi ? parce que s'appuyant sur les études de la FAO, il rappelle qu'il existe encore des surfaces disponibles pour l'agriculture, que les rendements peuvent encore augmenter au niveau mondial, parce que ce n'est pas la hausse des biocarburants qui seule explique la hausse des cours des céréales... et parce que même si demeure l'interrogation quant aux facteurs hydriques, pour lui les évolutions de climat sont inquiétantes mais seulement s'il s'agit d'évolution... rapide... Selon lui, pas de doute : l'agriculture est capable de nourrir la planète et d'atteindre en 2050 une production égale au double de celle de 1995.  Mais à  une condition cependant : si et seulement si les agriculteurs sont encouragés !
Pour M. Leroy : pas d'agriculture sans revenu, pas d'agriculture non possible si seule la " politique agricologique" détermine les conditions de productions (et de citer l'exemple du  Danemark, champion de " l'agricologie " selon M. Leroy et qui a ainsi perdu 20% de sa production !). Pour "l'expert" Pierre Leroy, le principal doute reste celui qui plane sur la réelle volonté des décideurs français et européens. "Aux Etats-Unis, la volonté politique est claire : 80% des élus sont d'accord pour reconnaître que l'agriculture est vraiment un secteur stratégique ! "  

S. PUECH


Auteur : P. Bardy - FDSEA81

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