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    Vie Syndicale / articles / 2007
 
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L'agneau français on y croit !!... et les grandes surfaces ??

"Trop c'est trop !! Il était impératif que nous réagissions " explique Gilbert Vernhes le président de la Fédération Départementale Ovine. En effet, depuis plus d'un mois le prix de l'agneau payé au producteur a chuté et reste collé au plancher. La faute à qui ?? Pour les éleveurs (qui avaient déjà conviés l'an dernier tous les maillons de la filière à plusieurs réunions de travail sur la répartition des marges) la responsabilité des Grandes surfaces est clairement établie. Jérôme Redoulès et Alain Nouvel de la section ovine de la FDSEA expliquent : " L'offre en agneaux n'est pas particulièrement importante et ne peut expliquer cette chute à de tels niveaux de prix. C'est l'attitude des Grandes Surfaces qui pénalise toute la filière et surtout les producteurs. Les linéaires de viande d'agneau sont très limités et la mise en valeur de cette viande par des opérations d'animation ou la Marque Agneau de nos Terroirs est quasi inexistante. Comment inciter ainsi à l'acte d'achat ? ".

De plus, les rayons " agneau " sont souvent trustés par de l'agneau d'importation néo-zélandais qualifié de "vieux frais". Cet agneau, présenté comme de l'agneau frais, a été abattu en Nouvelle-Zélande et a passé plusieurs semaines de voyage en bateau sous atmosphère réfrigérée contrôlée avant d'arriver dans les centrales d'achat à des prix intenables pour les producteurs français. Pour Gilbert Vernhes : " Cet agneau passe pratiquement plus de temps mort que vivant et casse les marchés locaux avec un prix à 3€ ou 3.50€/kg. De plus la garantie de fraîcheur et de traçabilité me semblent très discutable ". Marc Rolland renchérit : " alors que la filière est impliquée dans la Charte de Relance Ovine depuis quelques années et que l'on dit que l'Agneau on y croit...on se demande vraiment si c'est le cas des Grandes Surfaces ".

Les éleveurs de la Fédération départementale ovine, de la FDSEA et des JA du Tarn ont donc décidé d'intervenir dans le cadre d'une action syndicale nationale. Le mercredi 20 juin, 25 éleveurs se sont rendus dans le Auchan de Castres. Six jours plus tard, le mardi 26 juin, c'est une trentaine d'éleveurs qui ont investi le Leclerc d'Albi-Séquestre. Par deux fois leur but était clair : réorganiser symboliquement le rayon à leur manière en retirant l'agneau d'importation et en demandant la présence d'agneau français et tarnais. De telles actions n'ont pas manqué de faire réagir les directeurs des magasins concernés.

Après discussion avec les représentants des éleveurs ovins, ils se sont engagés à transmettre à leur centrale d'achat les exigences de prix et de répartition des marges des producteurs. " Les grandes surfaces travaillent avec des marges de plus de 25% et nous avec des marges négatives. Ce n'est pas tenable. 4€/kg payé au producteur. Plus de 15€/kg pour le consommateur : où va la différence ? Nous estimons que le prix permettant de rémunérer le travail du producteur est à 6€/kg " précise Alain Nouvel.

Plus localement, les deux magasins ont accepté de mettre en place des filières d'approvisionnement de leurs magasins à partir d'agneau locaux, ce qui faisait jusqu'à présent cruellement défaut. Les réactions plutôt positives des clients présents ont également permis aux producteurs d'expliquer leur démarche " la juste rémunération du prix au producteur n'était pas du tout incompatible avec un prix raisonnable au consommateur." Au contraire, con-sommateurs et producteurs français ont communément intérêt à obtenir une plus juste répartition des marges et un approvisionnement en agneaux locaux tracés et de qualité.

Pour Jérôme Redoulès : " Le résultat de ces actions est plutôt positif puisqu'on a obtenu certains engagements et qu'on a pu observer d'une semaine sur l'autre le retrait de viande néo-zélandaise. Mais nous serons très vigilants sur le respect de ces engagements. Cela ne peut que nous encourager à maintenir la pression. S'il n'y a pas de redressement significatif des prix après cette mobilisation nationale nous recommencerons nos actions dans d'autres grandes surfaces ". A bon entendeur, salut !!

 

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